Là, Louis commençait par allumer un feu. Et Gaston devait s'occuper et apporter des branches pour alimenter le feu.
Vers 9h, c'était la pause et Louis confectionnait un arc et des flèches pour son petit fils. Le petit Gaston jouait avec son arc pendant que Louis abattait quelques arbres.
C'était tout un coin de forêt que Louis avait misé pour 2.50 Fr. Il devait abattre tous les "petits" arbres de 20 à 30 cm de diamètre mais il devait aussi ramasser tout le bois sec, couper et nettoyer tous les fourrés alentours. Pour cela il prenait une grande serpe et par grandes volées, il éclaircissait les haies de buissons. Pour abattre les arbres, il devait d'abord creuser un trou autour du tronc pour le dégager et le couper le plus près possible du sol. La commune venait contrôler si le travail était bien fait. Louis avait une hache avec un très long manche. A chaque coup de hache, la lame tombait exactement dans l'encoche du coup précédent. Louis était un homme très robuste et très habile. L'arbre était au sol très rapidement.
Le petit Gaston avait fini par perdre les quelques flèches dans les buissons et son grand-père interrompait son travail pour venir l'aider à les retrouver.
A midi, ils mangeaient un morceau de pain et de fromage au bord du feu. Puis dans l'après-midi, Gaston dormait parfois un moment dans les feuilles. Pendant ce temps Louis continuait son travail, il devait enlever les branches et scier les troncs en tronçons de 2 m. Ensuite il les remontait jusqu'au chemin où un ami viendrait les chercher plus tard avec sa charrette et son cheval.
A la fin de la journée, ils s'arrêtaient au café de La Tine. Louis prenait 2 déci de rouge et Gaston recevait un sirop. Le tenancier, Michou l'oeil élastique, ne se levait pas, ils allaient donc eux-même se servir derrière le comptoir. Puis ils sirotaient tranquillement leur boisson, récompense d'une bonne journée.
Le travail du bois prenait beaucoup de temps et une bonne partie des dimanches y passait. Une fois le bois arrivé à la maison, ils devaient encore le scier en plus petites bûches, puis le fendre à la hache.
Gaston a aidé son grand-père ainsi pendant des années. Plus il grandissait et plus il pouvait l'aider au travail du bois. Il se rappelle bien avoir remonté les tronçons jusqu'au chemin. Plus tard une camionnette est venue remplacer le transport avec la charrette.
A l'âge de 17 ans, Gaston se rappelle avoir voulu remplacer son grand-papa dans l'abattage des arbres. Mais il n'a jamais réussi à le rivaliser. Il lui fallait 2 à 3 fois plus de temps que son grand-père pour abattre un seul arbre.
ça m'a fait plaisir que mon papa me raconte cette histoire de son enfance. Il m'a parlé de ce souvenir avec plaisir comme du bon temps passé avec son grand-père. Et de m'imaginer que cela se passait par ici, dans les forêts où je me promène souvent. C'est assez drôle en fait que j'habite tout près de la commune d'origine de mon père.













