Départ pour le Valais très tôt le matin. De Martigny, montée par la vallée du Trient, Finhaut, et arrivée à Emosson et son barrage.
Face à nous, un panorama époustouflant, les Alpes, des glaciers, bien visibles et dans toute sa magnificence le Mont Blanc !
Il fait super beau, encore un peu frais, mais la journée promet d'être magnifique. Nous mettons les chaussures de marche. Sur le parking, il y a beaucoup de monde qui se prépare aussi pour partir en randonnées. Nous sommes à 1930 m d'altitude.
Café au lait et jus d'orange avant de commencer notre rando !
Nous traverserons d'abord les 560 m de couronne du barrage. Le lac est magnifique, il y a même un pêcheur. Nous entamons la montée par un joli sentier alpestre.
Nous profitons de faire des photos et d'admirer ce paysage magnifique.
Nous passons par l'itinéraire de la gorge de la Veudale. La pente est par moment assez escarpée.
Le sentier longe la chaîne des Perrons dans un cadre bucolique. Il fait très froid à l'ombre, quelques névés ont même résisté à l'été. Au soleil il fait bien chaud maintenant, il est déjà midi.
Nous profitons de ce joli coin près de la rivière et ce joli vallon pour pique-niquer.
ça monte, ça monte, je m'épuise...
La brèche des Perrons et le barrage d'Emosson est loin là-bas au fond !
Le dernier passage est difficile, raide et ou il faut parfois s'aider des mains pour véritablement grimper ou se hisser sur le rocher suivant. J'ai bien cru que je n'y arriverai jamais. Il fallait pousser sur les jambes, tirer sur les bras, je devais respirer à fond, ma tête tournait, ça n'en finissait plus. Vers le haut, un passage très étroit, ou il fallait se hisser, j'ai cru que je ne passais pas.... pfff ... si près du but... ... Finalement je suis passé et il fallait encore monter à flanc de coteau dans un pierrier... là j'apercevais enfin le sommet !
Nous arrivons enfin au sommet à 2500 m, il est presque 14h. A cet endroit, le paysage change complètement, nous sommes dans un arc de montagnes noires, un paysage quasi lunaire. Là en-haut ça souffle et nous remettons les polaires.
Nous sommes maintenant au-dessus du 2ème barrage et le lac du Vieux Emosson.
Il faut alors redescendre sur l'autre versant à 2400m pour arriver enfin sur le site des TRACES DE DINOSAURES !!!
Premier coup d'oeil sur le site des traces de dinosaures !
Cette ancienne plage de l'océan alpin était fréquentée il y a 230 millons d'années par des dinosaures. Malgré les bouleversements liés à la collision des plaques continentales africaine et européenne, les sédiments humides sur lesquels ces animaux préhistoriques imprimèrent leurs pas s'étaient suffisament durcis pour être encore visibles après transport et érosion à cette altitude.
On peut remarquer des empreintes fossilisées de 3 et 5 doigts et, dans certains cas, du coussinet plantaire fossilisées dans ce qui était à l'époque une plage de sable. C'est une des rares vallées des Alpes où l'on trouve plus de 600 traces fossilisées intactes de dinosaures. Il est difficile de donner une estimation sur le nombre d'animaux (40?) et d'espèces différentes (9?) qui passèrent sur cette plage.
La dalle appartient à la couverture autochtone d'âge secondaire du massif cristallin des Aiguilles Rouges dans le domaine externe (helvétique ou dauphinois selon les géologues suisses ou français) des Alpes occidentales.
La couche à trace de pas est un grès moyen à fin avec un ciment calcaire et de couleur beige jaunâtre.
Un grès est une roche sédimentaire détritique composée de grains de quartz (au moins 50%) liés par un ciment calcaire ou siliceux : on peut parler de "sable consolidé".
Cette couche s'est déposée sous une faible tranche d'eau, il y a 230 millions d'années, au Trias, c'est-à-dire au début de l'ère Secondaire ou Mésozoïque.
La fossilisation de ces empreintes est due à la convergence d'un certain nombre de facteurs :
- un sable fin avec des particules inférieures à 1 mm de diamètre,
- un certain degré d'humidité rendant le sol plastique afin que le pied s'imprime bien,
- un durcissement rapide du sédiment par assèchement, donc une période humide suivie d'une période sèche,,
- le remplissage relativement rapide des empreintes par une arrivée d'eau chargée de sédiments fins.
Je contemple ces plateaux remplis d'empruntes et de vaguelette. J'imagine que ces traces datent de 230 millions d'années et le miracle qu'elles soient conservées malgré la neige et les intempéries de ces altitudes.
Nous devons quitter cet endroit incroyable, car l'après-midi touche à sa fin, et il faut encore redescendre une bonne dizaine de km.
Retour par la rive gauche du Lac du Vieux-Emosson à 2'205 m, puis descente jusqu'au lac d'Emosson à 1'930 m