Ce matin la pluie tambourinait sur les carreaux de mes fenêtres. Ce sont de ces anciennes fenêtres aux petits carreaux de verre antique. Le verre n'est pas lisse ni vraiment translucide, mais un peu flou de près et on peut imaginer le geste de l'artisan. Il ne reste à ces fenêtres plus beaucoup de carreaux comme ceux-ci. Les autres ont déjà été remplacés suite à des tirs de ballons shootés dans la mauvaise direction ou alors suite à un coup de vent qui aura fait claquer le battant de la fenêtre et brisé du même coup un carreau dont le mastic s'effrite avec les années.La pluie qui frappait sur les carreaux me donnait malgré ce bruit intense l'envie de rester dans mon lit à l'écouter. Elle avait un effet apaisant comme les soirs d'été où l'orage finit par éclater et dont la violence subite du tonnerre et des éclairs, décharge la chaleur oppressante de la journée et procure un effet de relâchement bienfaisant. J'écoutais, et mes pensées voguaient, à moitié dans la réalité et à moitié dans mes rêves de la nuit encore un peu présents dans ma tête. Le jour se levait à peine et, étonnement, un merle sifflait à coeur joie comme un matin de grand soleil. Protégée de tout, mon duvet me retenait à faire le moindre geste qui briserait le charme et la douceur de cet instant.

Cependant, ce matin, la journée m'attendait et ce n'était guère le moment de paresser sous la couette ! J'entendais déjà mes enfants se lever, courir prendre leur ptit déj. avant de partir avec courage sous cette pluie et par cette température hivernale bien qu'on ne soit qu'à fin octobre.
Je quittais ma chambre, me réjouissant de retrouver la douceur de mon lit, ce soir, une fois que toute la maisonnée sera endormie.