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vendredi 8 mars 2013
Bienvenue à Noé
Récemment des amis de notre choeur, en attente d'une adoption, se sont ENFIN, vu attribuer après 5 ans et 3 mois d'attente, un petit garçon. Il a 4 ans et il vient de Bangkok en Thaïlande. Ils sont allés le chercher là-bas et sont rentrés il y a tout juste 2 semaines.
Aujourd'hui j'ai eu la chance de faire connaissance de Noé, un petit bonhomme super chou et très attachant. Il voulait spontanément venir dans mes bras, moi l'étrangère. J'étais vraiment étonnée de cette facilité ! Vraisemblablement qu'il avait l'habitude à l'orphelinat d'être entouré de beaucoup de monde. Il a un joli sourire juste "trognon" comme on dit ! Ses parents lui parlent en espagnol et en français, et lui répond en thaï !! Il commence déjà à dire quelques mots surtout en espagnol ! En français il sait déjà dire "fini" !!! pour dire quand il a fini de manger !
Evidement, quand des parents adoptifs se rencontrent, de quoi parlent-ils ?? on a parlé adoption ! De toutes ces démarches, des traductions, du séjour, des origines de l'enfant, des différences culturelles... etc, et aussi de cette nouvelle tournure que prend l'adoption internationale. La convention de la Haye exige l'intérêt de l'enfant avant celui d'éventuels parents adoptifs, et demande de privilégier les adoptions nationales. Jusque là on peut être est d'accord et comprendre. Cependant, pouvoir rester dans son pays, sans rupture culturelle c'est le meilleur scénario, pour autant que l'enfant trouve des parents adoptifs sur place, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. Quant aux solutions alternatives : réseaux de familles d'accueil et/ou des aides concrètes aux mères défavorisées, il faudrait que ce soit réellement en place et efficace. Ce qui n'est pas forcément le cas. Le moins pire est quand même que l'enfant ait des parents. Les enfants sont alors parfois, et de plus en plus rarement, attribués à l'adoption internationale. Les lenteurs administratives n'aident pas. D'un autre côté des parents prêts avec leur dossier, attendent un enfant, et attendent encore plus longtemps qu'avant. Et là ce n'est clairement pas dans l'intérêt de l'enfant.
Mais le sourire et le rayon de soleil dans les yeux de Noé nous fait dire qu'ils ont eu bien raison de tenir bon toutes ces années et maintenant ils forment à eux trois une très chouette petite famille entre une maman Cubaine, un papa Suisse et un enfant Thaïlandais.
La situation en Suisse romande a été exposée dans un reportage diffusé la semaine passé :http://www.rts.ch/emissions/mise-au-point/4595933-minder-sous-la-loupe-adoption-en-baisse-torture-en-egypte.html
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mardi 16 octobre 2012
Origines
Depuis son adoption, régulièrement année après année, mon fils a appris son histoire et ses origines, il est passé par diverses étapes. Tout petit, il aimait qu'on sorte l'album de son adoption, avec les photos de son foyer d'adoption. Regarder les photos de lui bébé et il aimait que je lui raconte son histoire, le petit morceau des renseignements sur son origine, sa famille biologique, puis le voyage pour aller le chercher.
Un petit peu plus grand, vers les 5 ans, je me rappelle qu'il s'était inventé une histoire avec "ma maman", comme il disait pour la distinguer de moi qui était "maman". Ce besoin de mettre "sa" maman au milieu de ce qu'il vivait ici. Il pouvait même mélanger et inventer une histoire avec moi et sa mère biologique.
Je me rappelle aussi qu'un jour, vers l'âge de 7 ans, sachant qu'on pouvait grâce aux avions rejoindre les pays lointains en moins d'une journée ou appeler par téléphone son oncle qui vit aux Etats Unis, Olivio m'a demandé pourquoi on n'appellerait pas, tout simplement, sa famille pour qu'ils puissent venir tous chez nous en vacances et qu'ils puissent profiter de notre confort. Il avait aussi remarqué que j'avais une couette rangée dans une armoire et il trouvait qu'on aurait pu l'envoyer à "sa" maman.
Une fois, alors qu'il m'aidait à préparer un gâteau d'anniversaire, il m'a dit qu'un jour il préparerait un immense gâteau d'anniversaire pour offrir à "sa maman" pour tous les gâteaux qu'elle n'aura jamais eu.
C'est ainsi que de temps à autres, son adoption surgissait par hasard lors d'une conversation. Ou parfois il fallait beaucoup en parler durant 1 jour ou 2, ressortir les albums photos, les documents d'adoption et refaire avec lui toute l'histoire, puis il n'en parlait plus pendant plusieurs semaines.
A l'école, d'après ce que je sais, il n'en parlait pas. Un jour une de ses profs principales m'avait dit qu'elle n'était pas du tout au courant de son origine, je pensais que c'était une info inscrite au dossier de l'école, mais pas du tout.
Tout au long de son enfance, son histoire et son origine ont grandi en lui. A chaque occasion qui s'est présentée de connaître quelque chose de son pays, un reportage à la TV, un livre à la bibliothèque, nous avons profité de reparler ensemble de son origine. C'est un univers, son univers...
Cette année lors de son exposé de fin d'apprentissage, comme travail personnel demandé à chaque apprenti, mon fils a voulu étudier l'adoption dans son pays d'origine La Colombie. Les raisons qui font qu'autant d'enfants colombiens se retrouvent dans la même situation que lui. Cette étude l'a fait progresser dans sa recherche sur ses liens son pays.
Ce soir, il m'a parlé d'une amie colombienne, qui vient de retrouver sa mère biologique, il m'a montré des photos de cette famille qui entoure son amie, tous souriants et heureux de s'être retrouvés, c'est comme un conte de fées.
Et là, j'imagine qu'il doit se demander si un jour il fera cette démarche, il faut un certain courage, savoir exactement ce qu'on fait et ou on veut aller. C'est un grand travail sur soi. Certaines personnes ont besoin de réaliser cette recherche, d'autres pas, je connais les deux situations. Mais l'important est de se sentir bien avec sa propre démarche et pas celle des autres.
Un petit peu plus grand, vers les 5 ans, je me rappelle qu'il s'était inventé une histoire avec "ma maman", comme il disait pour la distinguer de moi qui était "maman". Ce besoin de mettre "sa" maman au milieu de ce qu'il vivait ici. Il pouvait même mélanger et inventer une histoire avec moi et sa mère biologique.
Je me rappelle aussi qu'un jour, vers l'âge de 7 ans, sachant qu'on pouvait grâce aux avions rejoindre les pays lointains en moins d'une journée ou appeler par téléphone son oncle qui vit aux Etats Unis, Olivio m'a demandé pourquoi on n'appellerait pas, tout simplement, sa famille pour qu'ils puissent venir tous chez nous en vacances et qu'ils puissent profiter de notre confort. Il avait aussi remarqué que j'avais une couette rangée dans une armoire et il trouvait qu'on aurait pu l'envoyer à "sa" maman.
Une fois, alors qu'il m'aidait à préparer un gâteau d'anniversaire, il m'a dit qu'un jour il préparerait un immense gâteau d'anniversaire pour offrir à "sa maman" pour tous les gâteaux qu'elle n'aura jamais eu.
C'est ainsi que de temps à autres, son adoption surgissait par hasard lors d'une conversation. Ou parfois il fallait beaucoup en parler durant 1 jour ou 2, ressortir les albums photos, les documents d'adoption et refaire avec lui toute l'histoire, puis il n'en parlait plus pendant plusieurs semaines.
A l'école, d'après ce que je sais, il n'en parlait pas. Un jour une de ses profs principales m'avait dit qu'elle n'était pas du tout au courant de son origine, je pensais que c'était une info inscrite au dossier de l'école, mais pas du tout.
Tout au long de son enfance, son histoire et son origine ont grandi en lui. A chaque occasion qui s'est présentée de connaître quelque chose de son pays, un reportage à la TV, un livre à la bibliothèque, nous avons profité de reparler ensemble de son origine. C'est un univers, son univers...
Cette année lors de son exposé de fin d'apprentissage, comme travail personnel demandé à chaque apprenti, mon fils a voulu étudier l'adoption dans son pays d'origine La Colombie. Les raisons qui font qu'autant d'enfants colombiens se retrouvent dans la même situation que lui. Cette étude l'a fait progresser dans sa recherche sur ses liens son pays.
Ce soir, il m'a parlé d'une amie colombienne, qui vient de retrouver sa mère biologique, il m'a montré des photos de cette famille qui entoure son amie, tous souriants et heureux de s'être retrouvés, c'est comme un conte de fées.
Et là, j'imagine qu'il doit se demander si un jour il fera cette démarche, il faut un certain courage, savoir exactement ce qu'on fait et ou on veut aller. C'est un grand travail sur soi. Certaines personnes ont besoin de réaliser cette recherche, d'autres pas, je connais les deux situations. Mais l'important est de se sentir bien avec sa propre démarche et pas celle des autres.
lundi 22 juin 2009
Richesse des origines
Ce soir, en fin du repas, un dessert exceptionnel nous attendait, tant par sa délicatesse que par son caractère occasionnel... Une salée à la crème, spécialité de la boulangerie voisine ! désolée le virtuel ne vous sera d'aucune aide, je vous vois déjà saliver derrière votre écran !
3 paires d'yeux plongés sur ce gâteau le savourant du regard !! Je vous dis pas, le moment était intense !
Comme nous parlions juste avant de nos origines, nous avons découpé la tarte en nommant une part pour chaque grands-parents de mes enfants... Drôle d'idée mais marrante ! La tarte fut coupée en quatre, une part représentait Grand-papa originaire de Sicile ! une part pour Grand-maman Suisse du canton de Berne, puis une pour Mami du canton d'Argovie et une pour Papi du canton de Vaud, qui aurait d'ailleurs bien apprécié manger sa part lui-même !

Puis nous avons découpé le gâteau en huit pour remonter les origines d'une génération supplémentaire ! Un heureux mélange formait alors ce savoureux gâteau. Ma fille n'y tenant plus, elle se "jetta" fièrement sur la part Sicile ! Mon fils voulant suivre l'élan.... me dit d'un air un peu dépité ... mais alors c'est où la Colombie ??? Il désirait manger la part pour laquelle il s'identifie le plus ! Dans notre délire, nous étions remonté les origines familiales, mais pas ses origines à lui. Ne voulant pas le décevoir, je lui ai dit que la Colombie c'était tout le gâteau, alors il tira tout le plat à lui !!!! Ahahah !! Il n'avait pas perdu le nord ! Bogotà c'est grand, mais quand même !!!!
Non non, ne vous inquiétez pas, ma fille et moi ne l'avons pas laissé faire. Nous avons tous eu notre part de ce merveilleux gâteau !!
Je repense maintenant à ce moment, alors que tout est calme dans la maisonnée. Aussi bien mon fils que ma fille sont fait de mélanges. Que savons-nous de la part de sang indien, hispanique et noir dont est issu mon fils adoptif, quant à ma fille, la Sicile, la Suisse, 1/16 ème d'Allemagne !!!

Mon grand-père paternel m'avait raconté que son père était un enfant trouvé, déposé dans un panier devant la porte d'une dame de la bourgeoisie du village. Ils n'ont jamais su d'où venait cet enfant, peut-être déposé par des tziganes de passage dans la région. Cette dame l'avait élevé comme son propre fils, et c'est mon arrière-grand-père. Comme quoi, l'adoption était déjà dans la famille et qu'on n'en saura jamais plus sur son origine. Nous nous sommes aussi poser la question si cet enfant aurait pu être le propre fils de la dame bourgeoise qui aurait trouvé ce stratagème pour faire passer aux yeux de la société son enfant illégitime.

Quant à l'arrière-arrière-grand-mère de Sicile, on nous a raconté que son amant était venu à cheval enlever la belle une nuit de pleine lune. Elle était de sang "bleu" et ses parents refusaient son union avec l'élu de son coeur !
mardi 3 mars 2009
≈ extrait du journal d'une adoption ≈

2 années de démarches administratives parsemées de longues périodes d'attente, encore des démarches, des papiers officiels, des contacts avec un pays, des courriers, encore des papiers officiels, un orphelinat... et...
Le 18 avril 1994, "Tia Rosa", déposa dans les bras de Noémie, son petit frère Olivio. Un beau bébé de 2 mois et 3 semaines. Notre petite Noémie d'un peu plus de 2 ans, était bien fière d'être la première à pouvoir porter "le" bébé. Il semblait pourtant être un cadeau plutôt volumineux pour elle. Nous attendions cet instant avec tant de joie, qu'il fut si intense, que nous ne savions plus comment réagir. Pleurer, découvrir le visage de notre enfant, prendre contact, lui parler tout doucement, se serrer dans les bras tout simplement.
≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈

11 jours avant, le 7 avril, nous avions "ENFIN" reçu ce fameux fax de Colombie, tellement attendu, nous donnant quelques informations sur le bébé qui nous était attribué. Une minuscule photo de naissance avait été collée, en-haut, à gauche du document. Transmise par fax, elle ne nous dévoilait que vaguement les traits de notre futur enfant.

Nous avions laissé éclater notre joie et ce moment tant espéré nous semblait tout à coup complètement irréel. Un enfant là-bas en Colombie nous attendait. Nous aurions voulu sauter dans le premier vol pour courir le prendre dans nos bras. Cependant, il nous fallait quelques jours pour préparer les valises, quitter le travail pour quelques semaines et surtout trouver des places sur un vol.
Le voyage en deux étapes, passait par Londres, où nous devions passer une nuit, puis le vol longue distance avec escale à Caracas nous emmenait à Santa Fe de Bogota en Colombie. Ce vol durait plus de 13 heures, et mon sac regorgeait de petits jeux et mini surprises pour occuper Noémie qui était plutôt du genre hyperactive.

Elle n'a fermé l'oeil qu'un court instant, papoté, chanté, joué, dessiné, sauté, mangé, vomit et énervé tous les passagers du rang de derrière. OUF ! nous étions enfin arrivés à destination.
Nous logions dans une auberge qui avait l'habitude d'accueillir des familles adoptantes. L'accueil fut tellement chaleureux, que nous nous sentions presque chez nous, les dames de l'Auberge nous serrèrent dans leur bras pour nous souhaiter la bienvenue. Puis les autres familles, qui venaient d'avoir leur bébé, ou comme nous fraîchement débarquées, se présentèrent à nous. Nous avions reçu une chambre assez petite mais dans laquelle nous pouvions mettre un vrai petit lit d'enfant pour Noémie. La responsable nous avait déjà promis la grande chambre dès le départ d'une autre famille. Tout le confort était prévu, et pour les bébés il y avait tous les accessoires nécessaires, petite baignoire, petits lits, balance, relax... Nous allions être très bien. Un petit patio de verdure au milieu de l'établissement permettait aux plus grands enfants de jouer dehors sans risque. Eh oui, à Bogota on ne doit pas lâcher la main de son enfant une seconde. Les kidnappeurs d'enfants de blancs européens sont un véritable danger. Il fallait être rentré à l'Auberge avant la tombée de la nuit, soit vers les 18 heures. Et sous ces latitudes, la nuit tombe en moins d'une demi-heure.

Depuis notre arrivée, nous avions couru d'administration en bureaux officiels, car nous devions nous procurer certaines attestations et documents qui serviraient aux démarches d'adoption. Des reconnaissances internationales de nos divers documents helvétiques, empruntes digitales, entretien préalable avec le Bienestar, et autres documents de séjour. Toutes ces formalités barbantes au possible, étaient évidemment obligatoires avant l'attribution du bébé. Ces 2 jours nous permirent de poser pied dans cette gigantesque capitale de plus de 5 millions d'habitants.

Le jour de l'attribution du bébé était enfin arrivé. Nous avions un peu récupéré du voyage ainsi que du décalage horaire. Il faisait beau ce jour-là, pas très chaud avec un peu d'air, un peu comme tous les jours à Bogota au mois d'avril. L'orphelinat nous avait dit de venir pour 14 h, et nous avions pris un taxi officiel pour nous rendre dans un quartier au nord de la capitale. Le lieu de l'attribution n'était jamais l'orphelinat, ils préféraient que ce geste se passe dans un endroit très chaleureux, dans un appartement ou l'intimité de la famille adoptante pouvait être respecté. Une sorte de rituel, que les directrices de Los Pisingos avait instauré. L'enfant était toujours remis en premier lieu à son ou ses frères et soeurs aînés. Puis les parents pouvaient prendre l'enfant dans leurs bras à leur tour. Olivio était un très beau bébé, avec un visage tout rond, il avait de tous petits cheveux foncés. Il portait un habit blanc et bleu en tricot. Les premières instructions sur les biberons et horaires du bébé nous étaient aussi transmis accompagnés d'un dossier médical.

De retour à l'Auberge, les autres familles nous firent un bel accueil, photos et compliments fusèrent. Olivio était un magnifique bébé très éveillé. Il faisait plein de sourires et tout le monde l'adora immédiatement. Il avait un appétit féroce et on se demandait vraiment si il ne manquait pas un ou deux biberons à la liste des recommandations. Mais effectivement les quantités étaient bien celles d'un bébé de cet âge.

Bien sûr il nous manquait ce petit morceau de vie entre le jour de sa naissance et le jour de son arrivée dans nos bras et dans nos coeurs. Et nous aurions voulu pouvoir combler chaque minute qui nous avaient séparés de lui où nous l'aimions déjà, sans toutefois pouvoir le lui dire.

Les démarches d'adoption en Colombie durèrent 7 semaines et demi, et je pourrai écrire un livre entier sur notre séjour dans ce magnifique pays et ce chapitre de notre vie si beau et si intense. Alors peut-être une autre tranche un autre jour !
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