vendredi 27 mars 2009

mercredi 25 mars 2009

La Venoge


Dimanche dernier, je suis allée me promener aux sources de la Venoge. C'est un endroit dans les rochers qu'on appelle "Le Chauderon". Tout semble très calme et pourtant juste en contre-bas on s'aperçoit du débit impressionnant de ces sources.

Voici un poème inspiré par cette rivière.

«La Venoge»
par Jean Villard-Gilles


On a un bien joli canton :
des veaux, des vaches, des moutons,
du chamois, du brochet, du cygne ;
des lacs, des vergers, des forêts,
même un glacier, aux Diablerets ;
du tabac, du blé, de la vigne,
mais jaloux, un bon Genevois
m’a dit, d’un petit air narquois :
– Permettez qu’on vous interroge :
Où sont vos fleuves, franchement ?
Il oubliait tout simplement
la Venoge !

Un fleuve ? En tout cas, c’est de l’eau
qui coule à un joli niveau.
Bien sûr, c’est pas le fleuve Jaune
mais c’est à nous, c’est tout vaudois,
tandis que ces bons Genevois
n’ont qu’un tout petit bout du Rhône.
C’est comme : «Il est à nous le Rhin !»
ce chant d’un peuple souverain,
c’est tout faux ! car le Rhin déloge,
il file en France, aux Pays-Bas,
tandis qu’elle, elle reste là,
la Venoge !

Faut un rude effort entre nous
pour la suivre de bout en bout ;
tout de suite on se décourage,
car, au lieu de prendre au plus court,
elle fait de puissants détours,
loin des pintes, loin des villages.
Elle se plaît à traînasser,
à se gonfler, à s’élancer
– capricieuse comme une horloge –
elle offre même à ses badauds
des visions de Colorado !
la Venoge !

En plus modeste évidemment.
Elle offre aussi des coins charmants,
des replats, pour le pique-nique.
Et puis, la voilà tout à coup
qui se met à fair’ des remous
comme une folle entre deux criques,
rapport aux truites qu’un pêcheur
guette, attentif, dans la chaleur,
d’un œil noir comme un œil de doge.
Elle court avec des frissons.
Ça la chatouille, ces poissons,
la Venoge !

Elle est née au pied du Jura,
mais, en passant par La Sarraz,
elle a su, battant la campagne,
qu’un rien de plus, cré nom de sort !
elle était sur le versant nord !
grand départ pour les Allemagnes !
Elle a compris ! Elle a eu peur !
Quand elle a vu l’Orbe, sa sœur
– elle était aux premières loges –
filer tout droit sur Yverdon
vers Olten, elle a dit : «Pardon !»
la Venoge !

«Le Nord, c’est un peu froid pour moi.
J’aime mieux mon soleil vaudois
et puis, entre nous : je fréquente !»
La voilà qui prend son élan
en se tortillant joliment,
il n’y a qu’à suivre la pente,
mais la route est longue, elle a chaud.
Quand elle arrive, elle est en eau
– face aux pays des Allobroges –
pour se fondre amoureusement
entre les bras du bleu Léman,
la Venoge !

Pour conclure, il est évident
qu’elle est vaudoise cent pour cent !
Tranquille et pas bien décidée.
Elle tient le juste milieu,
elle dit : «Qui ne peut ne peut !»
mais elle fait à son idée.
Et certains, mettant dans leur vin
de l’eau, elle regrette bien
– c’est, ma foi, tout à son éloge –
que ce bon vieux canton de Vaud
n’ait pas mis du vin dans son eau…
la Venoge !


Jean Villard-Gilles
Port-Manech, juillet 1954


lundi 23 mars 2009

Annick


C'était la rentrée des classes et je commençais dans une nouvelle école, j'étais la seule de mon village à être orientée dans cette classe et je me sentais comme "la" nouvelle parmi des élèves qui se connaissaient tous. J'avais 12 ans et j'étais très timide. La plupart des élèves s'étaient précipités aux tables du fond de la classe, la dernière place libre était tout devant à côté d'une fille qui s'appelait Annick. Je la connaissais un peu, de la société de gym.

Rapidement, nous sommes devenues les deux meilleures amies du monde. La paire ! De plus, elle allait déménager dans mon village. Ce qui nous donnait la possibilité de se voir les mercredis après-midi.

A peine mes devoirs terminés, j'allais la chercher. Chaque fois elle me disait qu'elle devait encore étendre la lessive, peler les pommes de terre, et passer l'aspirateur, etc. Elle devait beaucoup aider à la maison car ses deux parents travaillaient toute la journée et sitôt qu'elle rentrait de l'école, elle devait s'occuper aussi de sa demi-soeur âgée d'environ 6 ans. J'étais chaque fois impressionnée de la tonne de tâches ménagères qu'elle devait accomplir avant de pouvoir aller jouer. Elle était très habile et rapide et je voyais que ses gestes étaient quotidiens.

Je l'aidais à finir et nous partions, avec sa petite soeur, nous promener un moment à la rivière, ou alors nous montions chez moi. Nous partagions tous nos secrets d'adolescentes, elle me disait aussi comme c'était difficile de travailler autant. Sa mère était très sévère et la giflait lorsqu'elle n'avait pas fait tout ce qu'elle lui demandait. Elle devait aussi aller travailler pendant les vacances scolaires et donner l'argent à ses parents.

Quand nous avons terminé l'école, notre certificat en poche, elle a commencé un apprentissage d'assistante en pharmacie et de mon côté je continuais un peu l'école. Nos horaires importants et différents ont fait qu'on se voyait moins. On se croisait parfois dans le train ou dans le bus. Le week-end, on arrivait à se voir et on pouvait se raconter nos petites histoires et nos amourettes.

Un jour elle m'a dit être tombée vraiment amoureuse et elle m'a présenté son ami. Ils étaient si bien ensemble. J'étais tellement contente pour eux mais pour elle surtout, elle qui avait eu tellement de contraintes dans sa vie d'ado. Annick m'avait annoncé que pour ses 20 ans, le 23 mars 1986, ils allaient se fiancer. Elle partait vivre chez son ami.
Quel bonheur !

Quelques jours avant, le 3 mars au matin, en partant travailler, la route était verglacée, sa voiture a glissé, Annick a perdu la maîtrise de son véhicule. Sa voiture est venue s'encastrer dans le grand bus postal qui venait en-face.

Comme un papillon qui enfin s'épanouissait au soleil,
Annick s'est envolée, à la veille de ses 20 ans,
avant d'avoir profité des jours heureux avec son ami.


samedi 21 mars 2009

Faire les bons choix


Prendre les bonnes décisions, faire les bons choix au bon moment. On en est tous à se poser les mêmes questions. Tous, les cartes de nos vies entre les mains. Rester acteur de sa propre vie.
Diriger nos enfants vers un avenir qui leur apportera tout simplement le meilleur. 

Je suis souvent interpellée par ces idées de destinée. Bien sûr, il y a des choix à faire. Des décisions à prendre. Et on se rend compte en regardant par dessus son épaule, comment tel choix, pris à l'époque, a modifié le cours de sa vie. Le parcours se dessine ainsi, parfois aussi sans avoir le choix car il faut passer par là. 

Je pense aussi à notre fils adoptif. Quel aurait été sa vie, serait-il différent, s'il était arrivé dans une famille aux Etats Unis, au Canada, en Suède ou en Italie. Un croisement de dossier et un autre enfant grandirait à nos côtés. C'était sa destinée mais c'est étrange de penser à tout ça.

Paroles de "African tour"

Déjà nos villages s'éloignent
Quelques fantômes m'accompagnent
Y'aura des déserts, des montagnes
A traverser jusqu'à l'Espagne
Et après... Inch'allah

On a de mauvaises chaussures
L'argent cousu dans nos doublures
Les passeurs doivent nous attendre
Le peu qu'on a ils vont le prendre
Et après...

Est-ce que l'Europe est bien gardée ?
Je n'en sais rien
Est-ce que les douaniers sont armés ?
On verra bien
Si on me dit, c'est chacun chez soi
Moi je veux bien, sauf que chez moi
Sauf que chez moi y'a rien

Pas de salon, pas de cuisine
Les enfants mâchent des racines
Tout juste un carré de poussière
Un matelas jeté par terre
Au dessus... Inch'allah

Vous vous imaginez peut-être
Que j'ai fait tous ces kilomètres
Tout cet espoir, tout ce courage
Pour m'arrêter contre un grillage

Est-ce que l'Europe est bien gardée ?
Je n'en sais rien
Est-ce que les douaniers vont tirer ?
On verra bien
Si on me dit, c'est chacun chez soi
Moi je veux bien, sauf que chez moi
Sauf que chez moi y'a rien

Je n'en sais rien
On verra bien
Moi, je veux bien
Sauf que chez moi...

La moitié d'un échafaudage
J'en demande pas davantage
Un rien, une parole, un geste
Donnez-moi tout ce qu'il vous reste
Et après...
Je n'en sais rien

On verra bien
Moi, je veux bien
Sauf que chez moi...
Déjà nos villages s'éloignent...


Francis Cabrel  

http://www.youtube.com/watch?v=19Cwsn-2bnQ

dimanche 15 mars 2009

Promenade


Ne résistant pas à l'appel de la balade, suis partie sur la colline. Les rayons de soleil brillaient fort depuis plus d'une heure et me donnaient envie de trouver un endroit calme juste pour profiter. Après avoir croisé une multitude de marcheurs du dimanche, un coin à l'abri des regards dans l'herbe s'offrait à moi, juste face au soleil. Je m'y installais et laissais alors les rayons caresser ma peau, mes idées voleter dans le ciel parmi les branchages au-dessus de ma tête, mon corps se détendre et ne penser plus à rien, se vider, se laisser s'imprégner par l'environnement. Le bruit de ma rivière au loin, les oiseaux, un peu de vent.. Des nuages vinrent voiler ce moment bienfaisant et un souffle me fit frissonner. Mes pensées me rattrapaient déjà, comment continuer, faire un quelconque projet, comment aider mes enfants, mieux, comment rester sereine, une douleur violente m'a traversé la tête ce matin, du côté droite, on dira que ce n'était que psychosomatique, bien sûr, il faut rester calme, faire le point, à chaque moment, attendre une opération délicate sans perdre confiance. De nouveau mes soucis me hantent, je vais rentrer car j'ai presque froid. Ce moment m'aura fait du bien, tout de même. 

Concert de Francis Cabrel à Lausanne




              
Wouhaaaaaaa !!!!!! Quel moment magnifique !! J'ai les oreilles et les yeux qui pétillent encore...

Répertoire émouvant, riche, de grande qualité, la classe quoi !!

Des musiciens.... wouhha et re wouhhaaaa... pffff... je reste juste scotchée tellement ils sont... wouah...


Beaucoup de chanson d'amour... évidemment...  Des Roses et des orties magnifique... 

Des paroles, des notes, de l'émotion, de la joie, des pensées pour le reste du monde moins privilégié ... presque rien, tellement peu, pour eux. 

Plein de belles chansons...


Au deuxième rappel.... les lumières douces dans les tons rosés... il est revenu et n'a joué QUE pour moi
YYY Rosie YYY 

A la toute fin... alors que les musiciens ont quitté la scène, dans une lumière tamisée bleutée, un Ukulélé dans les mains, il revient... sur un ton intimiste... et tout doucement il gratte les accords de "Je l'aime à mourir", le public se calme instantanément pour écouter, ses notes toutes douces...  qu'il a joué juste pour moi YY


Et voilà que du sol où nous sommes
Nous passons nos vies de mortels
A chercher ces portes qui donnent
Vers le ciel...

samedi 14 mars 2009

Bouquet de soleil





YY Je ne résiste pas à l'envie de partager YY
 ce bouquet de soleil et de couleurs
 qui éclos en ce moment dans mon jardin 

vendredi 13 mars 2009

MMmmmh presque le printemps...



Cet après-midi avait un avant-goût du printemps ! 
j'espère que vous en avez aussi profité !

jeudi 12 mars 2009

Renaissance


Le 11 mars est un anniversaire particulier pour moi,
Ce jour là, il y a 17 ans, je recevais une valve cardio.
Ce jour ma vie a été sauvée,
grâce à Dieu,
 grâce à la technique de pointe, 
grâce au fait que j'aie pu bénéficier d'excellents soins,
 grâce à l'Amour de ma famille et de mes amis.
Cette valve m'a permis de continuer à vivre, 
d'avoir la joie de vivre ma vie de maman qui venait
 de commencer depuis juste 2 mois, d'avoir le privilège
de voir grandir notre fille. Sans le savoir à ce moment,
de pouvoir par la suite adopter notre fils et de le voir grandir.
Quel chemin parcouru depuis, plein de bonheurs, 
eh oui aussi plein de rochers.
Chaque année, je pense à ce jour de ma vie
où tout a changé.
Merci la vie !

mardi 10 mars 2009

La maison de mon enfance

Bâtie il y a une quarantaine d’années, elle se trouve dans les hauteurs d’un petit village. Construite des propres mains de mon père pour y abriter sa famille, jour après jour, pierre après pierre, des fondations jusqu’au toit. Tous ses congés y sont passés et nous avons vu pousser notre maison. Des amis rejoignaient mon père le samedi pour l’aider. Il avait prévu une grande maison car il voulait de la place pour ses enfants, pour accueillir ses amis et pour s’y sentir bien. Plusieurs années ont été nécessaires à cette construction, mais je me rappelle d’y avoir aménagé vers l’âge de 4 ans. Au début, tout cet espace me faisait peur, il faut dire que nous habitions avant une toute petite maison et que nous dormions dans la même pièce. Je refusais de dormir seule dans ma chambre éloignée de mes deux grands frères. Ils avaient aussi reçu leur propre chambre.
Nous y avons passé tant de merveilleuses années. Tant de souvenirs dans ces murs. Chaque détail, chaque endroit me rappelle à des instants de bonheur. Ici le coin ou nous jouions avec mes frères, train, guignol, costumes, légo… Cette pièce s’était transformée par la suite selon nos âges et nos occupations en chambre de télé, chambre de piano, ou encore chambre de devoirs. Il y avait aussi le grand balcon duquel nous regardions l’orage arriver les soirs d’été. Ma chambre, si belle, que je décorais avec mes images et mes posters. Assez grande pour y inviter mes copines pour des soirées interminables à se raconter nos secrets. Ma fenêtre donnait au nord sur de grands bouleaux et un grand sapin. Là, vivaient des corneilles et un couple de pies.
Le dimanche, j’avais l’impression que les corneilles organisaient un véritable colloque et les branches du sapin se remplissaient de ces volatiles peu sympathiques. Les croassements me réveillaient et lorsque les pies avaient une couvée, de véritables batailles se passaient devant ma fenêtre. Je frappais des mains ou criait pour les effrayer mais rien n’y faisait. 



Ma fenêtre se situait au-dessus de la porte de la cave. Je connaissais ce grincement particulier. Et les jours de week-end, au premier grincement, je savais que mon papa se mettait au jardinage. Il y avait beaucoup de place autour de notre maison, et mon papa avait aussi construit une piscine. Tout cela demandait pas mal d’entretien et nous pouvions sans problème nous occuper de certaines tâches que nous confiait mon papa. Rattelage de l’herbe coupée, cueillette des petits fruits, repeindre une barrière, apporter des bûches, nettoyer la piscine, etc, etc… j’aimais bien ces travaux et j’appréciais ces week-end ou je pouvais aussi partager du temps avec mon papa que je ne voyais presque pas la semaine.  A côté de la cave, où mon papa bricolait et réparait tout, se trouvait le carnotzet. Celui-ci étrangement se transformait en local de répétition de musique. Mon père y jouait l’accordéon et s’entraînait pour l’orchestre qu’il avait formé avec mes frères. De mon côté, je participais surtout aux répétitions du samedi et dimanche lorsque nous nous y retrouvions mon père, mes frères et moi pour former notre quatuor de clarinettes. J’entends encore ces airs classiques que nous nous appliquions à exécuter avec tant de précisions. Mon grand-père apparaissait discrètement souvent à ces moments-là et venait s’asseoir juste à côté pour nous écouter.  Au-dessus, la cuisine et le salon, une belle terrasse ou nous pouvions manger tout l’été.
En contre-bas, nous avions aussi un petit coin grillades. Les jours de fêtes nous faisions griller un poulet ou un rôti et nous mangions en-bas. 

En décembre dernier, mes parents ont dû quitter leur maison. Des échéances ont été fixées par ces bureaucrates sans cœur ni humanité. Pour des histoires de banques, d’assurances, pour la raison qu’ils sont âgés de plus de 70 ans… ils ont dû s’en aller. Mes frères et moi n’y pouvons rien changer, et nous avons tout essayé. 

Ma mère a débarrassé de nombreux souvenirs, ceux-ci peu à peu sont venus remplir des sacs poubelles. A quoi bon garder ça… Mon père a vidé la petite cabane, débarrassé la cave, les meubles ont été donnés, triés, ils n'ont gardé que l’essentiel pour aller dans un petit appartement. Notre cabane de Davy Croquet est  partie en morceaux à la déchetterie, les choses les unes après les autres ont été démontées. Le grand sapin qui datait de plus de 200 ans a dû être abattu car il était trop prêt de la limite de la parcelle. Les lois sont là !

Voilà tout cela est bien triste, mais il faut accepter ces réalités et garder nos souvenirs dans nos cœurs. Je ne sais pas si j’arriverai à retourner sur ces lieux, quand tout aura changé.

vendredi 6 mars 2009

Peintures



Deux autres peintures réalisées par ma fille

mardi 3 mars 2009

≈ extrait du journal d'une adoption ≈



2 années de démarches administratives parsemées de longues périodes d'attente, encore des démarches, des papiers officiels, des contacts avec un pays, des courriers, encore des papiers officiels, un orphelinat... et...

Le 18 avril 1994, "Tia Rosa", déposa dans les bras de Noémie, son petit frère Olivio. Un beau bébé de 2 mois et 3 semaines. Notre petite Noémie d'un peu plus de 2 ans, était bien fière d'être la première à pouvoir porter "le" bébé. Il semblait pourtant être un cadeau plutôt volumineux pour elle. Nous attendions cet instant avec tant de joie, qu'il fut si intense, que nous ne savions plus comment réagir. Pleurer, découvrir le visage de notre enfant, prendre contact, lui parler tout doucement, se serrer dans les bras tout simplement. 
≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈                   

11 jours avant, le 7 avril, nous avions "ENFIN" reçu ce fameux fax de Colombie, tellement attendu, nous donnant quelques informations sur le bébé qui nous était attribué. Une minuscule photo de naissance avait été collée, en-haut, à gauche du document. Transmise par fax, elle ne nous dévoilait que vaguement les traits de notre futur enfant.
Nous avions laissé éclater notre joie et ce moment tant espéré nous semblait tout à coup complètement irréel. Un enfant là-bas en Colombie nous attendait. Nous aurions voulu sauter dans le premier vol pour courir le prendre dans nos bras. Cependant, il nous fallait quelques jours pour préparer les valises, quitter le travail pour quelques semaines et surtout trouver des places sur un vol.  

Le voyage en deux étapes, passait par Londres, où nous devions passer une nuit, puis le vol longue distance avec escale à Caracas nous emmenait à Santa Fe de Bogota en Colombie. Ce vol durait plus de 13 heures, et mon sac regorgeait de petits jeux et mini surprises pour occuper Noémie qui était plutôt du genre hyperactive.
Elle n'a fermé l'oeil qu'un court instant, papoté, chanté, joué, dessiné, sauté, mangé, vomit et énervé tous les passagers du rang de derrière. OUF ! nous étions enfin arrivés à destination.


Nous logions dans une auberge qui avait l'habitude d'accueillir des familles adoptantes. L'accueil fut tellement chaleureux, que nous nous sentions presque chez nous, les dames de l'Auberge nous serrèrent dans leur bras pour nous souhaiter la bienvenue. Puis les autres familles, qui venaient d'avoir leur bébé, ou comme nous fraîchement débarquées, se présentèrent à nous. Nous avions reçu une chambre assez petite mais dans laquelle nous pouvions mettre un vrai petit lit d'enfant pour Noémie. La responsable nous avait déjà promis la grande chambre dès le départ d'une autre famille. Tout le confort était prévu, et pour les bébés il y avait tous les accessoires nécessaires, petite baignoire, petits lits, balance, relax... Nous allions être très bien. Un petit patio de verdure au milieu de l'établissement permettait aux plus grands enfants de jouer dehors sans risque. Eh oui, à Bogota on ne doit pas lâcher la main de son enfant une seconde. Les kidnappeurs d'enfants de blancs européens sont un véritable danger. Il fallait être rentré à l'Auberge avant la tombée de la nuit, soit vers les 18 heures. Et sous ces latitudes, la nuit tombe en moins d'une demi-heure.
Depuis notre arrivée, nous avions couru d'administration en bureaux officiels, car nous devions nous procurer certaines attestations et documents qui serviraient aux démarches d'adoption. Des reconnaissances internationales de nos divers documents helvétiques, empruntes digitales, entretien préalable avec le Bienestar, et autres documents de séjour. Toutes ces formalités barbantes au possible, étaient évidemment obligatoires avant l'attribution du bébé. Ces 2 jours nous permirent de poser pied dans cette gigantesque capitale de plus de 5 millions d'habitants.


Le jour de l'attribution du bébé était enfin arrivé. Nous avions un peu récupéré du voyage ainsi que du décalage horaire. Il faisait beau ce jour-là, pas très chaud avec un peu d'air, un peu comme tous les jours à Bogota au mois d'avril. L'orphelinat nous avait dit de venir pour 14 h, et nous avions pris un taxi officiel pour nous rendre dans un quartier au nord de la capitale. Le lieu de l'attribution n'était jamais l'orphelinat, ils préféraient que ce geste se passe dans un endroit très chaleureux, dans un appartement ou l'intimité de la famille adoptante pouvait être respecté. Une sorte de rituel, que les directrices de Los Pisingos avait instauré. L'enfant était toujours remis en premier lieu à son ou ses frères et soeurs aînés. Puis les parents pouvaient prendre l'enfant dans leurs bras à leur tour. Olivio était un très beau bébé, avec un visage tout rond, il avait de tous petits cheveux foncés. Il portait un habit blanc et bleu en tricot. Les premières instructions sur les biberons et horaires du bébé nous étaient aussi transmis accompagnés d'un dossier médical.
De retour à l'Auberge, les autres familles nous firent un bel accueil, photos et compliments fusèrent. Olivio était un magnifique bébé très éveillé. Il faisait plein de sourires et tout le monde l'adora immédiatement. Il avait un appétit féroce et on se demandait vraiment si il ne manquait pas un ou deux biberons à la liste des recommandations. Mais effectivement les quantités étaient bien celles d'un bébé de cet âge.
Bien sûr il nous manquait ce petit morceau de vie entre le jour de sa naissance et le jour de son arrivée dans nos bras et dans nos coeurs. Et nous aurions voulu pouvoir combler chaque minute qui nous avaient séparés de lui où nous l'aimions déjà, sans toutefois pouvoir le lui dire.
Les démarches d'adoption en Colombie durèrent 7 semaines et demi, et je pourrai écrire un livre entier sur notre séjour dans ce magnifique pays et ce chapitre de notre vie si beau et si intense. Alors peut-être une autre tranche un autre jour ! 

lundi 2 mars 2009

Coquelicots environ d'Argenteuil


c'est une reproduction du tableau de Monnet, peint par ma fille

dimanche 1 mars 2009

La forêt blessée



Depuis les intempéries de ce début d'année, le petit chemin qui mène à la forêt était fermé. Les chutes de neige, les pluies givrantes et le vent se succédant, les arbres se sont pliés sous le poids de toute cette neige mais certains n'ont pas résisté et se sont rompus. La douceur de ces derniers jours, a permis aux bûcherons, d'enlever de nombreux arbres qui menaçaient encore de céder. 

Hier, je vis avec joie que le petit chemin était de nouveau accessible. Je m'y engageais heureuse de retrouver "ma" forêt. Je découvris alors un véritable paysage dévasté. Les troncs étaient déposés tout au long du chemin et la plupart étaient complètement arrachés. D'énormes arbres, encore au sol, les souches puissantes entièrement déracinées attendaient encore qu'on s'en occupe. Les branchages des buissons étaient arrachés. Le bord de la rivière avait changé d'aspect. Tout était comme éclairci, élagué.
           Et là, où la forêt se faisait plus épaisse, la lumière pénètre maintenant car plus aucun branchage ne la retient.     Je n'ai presque pas reconnu ces lieux. 

Au fur et à mesure de mes pas, je découvrais de nouveaux arbres déracinés. 
Cette balade m'apporte habituellement tellement de paix, d'équilibre, d'oxygène à ma vie. Mais hier, c'était à moi de lui donner du courage et de lui dire que tout ira mieux, bientôt.




Auprès de ce banc sur lequel cet arbre s'est abattu, 
il y a une petite plaque métallique gravée,
c'est aussi un chemin de prière qui passe par ici. 
Il est écrit : 
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel 
A vous qui visitez mon blog, je vous offre une fleur, un coeur à emporter chez vous, plein de bonheur...