lundi 6 juin 2011

Frissons

Dans la nuit de vendredi à samedi, je reçois un sms de ma fille. "pourrais-tu venir me chercher". Il devait être 2h30 du matin ! Je me disais qu'une nouvelle fois, elle s'était mal organisée. La copine chez qui elle devait aller dormir, n'avait pas envie de rentrer, elle s'amusait "pire bien". Le train pyjama était déjà parti. ça me surprend toujours, venant d'elle, qui semble si débrouille, de s'y prendre aussi mal et de se retrouver en ville sans savoir où aller. Donc elle m'appelle. 


Avec mes deux grands enfants, je tiens à ce qu'ils puissent, "si jamais", pouvoir m'appeler sans qu'on en fasse toute une histoire. C'est clair que je leur demande de s'organiser et prévoir, mais je préfère 100000x faire le déplacement, même au milieu de la nuit, plutôt que de les savoir en train d'attendre le premier train du matin dans des zones franchement peu sûres à ces heures-là.


Me voilà partie pour Lausanne et quand je dois sortir comme ça du lit, j'ai des frissons partout. Je mets ma grosse veste d'hiver et de bonnes chaussures, un peu comme si j'allais la chercher à pied !! Dans la voiture je mets la musique et je déguste un bonbon aux herbes suisses !!!


Il y avait cette ambiance de nuit froide, brumeuse, sans étoile. Sur ma route je croise une ambulance revenant en direction de l'hôpital près de chez moi. Sans gyrophare, j'ai toujours envie de penser qu'il ne s'agit pas d'une urgence. Un peu plus loin je croise la voiture des médecins qui accompagnent les ambulanciers. Je pense... "j'espère pas un accident". Un ban de brouillard planait dans le replat de la vallée, comme un soupçon de mystère dans cet endroit habituellement si commun. 


Un peu plus loin, la route est fermée, plusieurs signaux barrent la route. J'ai un frisson qui me courent le long de la colonne mais je continue en direction de l'autoroute.


Je retrouve ma fille à Lausanne et nous rentrons tranquillement. Au retour la route est toujours barrée, il a dû se passer quelque chose. Heureusement ma fille est là, elle est rentrée et je crois que pour une maman, on est tranquille que lorsqu'ils sont rentrés de leur escapades nocturnes.


Aujourd'hui, alors que je roulais sur la fameuse route barrée de l'autre soir, sans y penser d'ailleurs, je vois contre le pilier d'un pont, un amoncellement de fleurs, des bougies, une peluche. Un nouveau frisson me fait tressaillir. C'était bien arrivé et c'était très grave. La barrière de sécurité est arrachée.


En parlant avec ma fille, elle me dit que c'est une fille de son âge qui habite la région. Moins de 20 ans. Dont la voiture pour une raison encore inexpliquée a dévié de sa trajectoire et est venue s'encastrer dans le pied du pont. Je pense à ses parents, qui souffrent, qui auraient préféré 100000x aller chercher leur fille au milieu de la nuit. Bientôt mes enfants conduiront aussi.

1 commentaire:

Philippe Bullot a dit…

Bonsoir Pinky,
Je comprends ton inquiétude, la vie tient parfois à si peu de chose...

A vous qui visitez mon blog, je vous offre une fleur, un coeur à emporter chez vous, plein de bonheur...