Ne résistant pas à l'appel de la balade, suis partie sur la colline. Les rayons de soleil brillaient fort depuis plus d'une heure et me donnaient envie de trouver un endroit calme juste pour profiter. Après avoir croisé une multitude de marcheurs du dimanche, un coin à l'abri des regards dans l'herbe s'offrait à moi, juste face au soleil. Je m'y installais et laissais alors les rayons caresser ma peau, mes idées voleter dans le ciel parmi les branchages au-dessus de ma tête, mon corps se détendre et ne penser plus à rien, se vider, se laisser s'imprégner par l'environnement. Le bruit de ma rivière au loin, les oiseaux, un peu de vent.. Des nuages vinrent voiler ce moment bienfaisant et un souffle me fit frissonner. Mes pensées me rattrapaient déjà, comment continuer, faire un quelconque projet, comment aider mes enfants, mieux, comment rester sereine, une douleur violente m'a traversé la tête ce matin, du côté droite, on dira que ce n'était que psychosomatique, bien sûr, il faut rester calme, faire le point, à chaque moment, attendre une opération délicate sans perdre confiance. De nouveau mes soucis me hantent, je vais rentrer car j'ai presque froid. Ce moment m'aura fait du bien, tout de même.
dimanche 15 mars 2009
Promenade
Ne résistant pas à l'appel de la balade, suis partie sur la colline. Les rayons de soleil brillaient fort depuis plus d'une heure et me donnaient envie de trouver un endroit calme juste pour profiter. Après avoir croisé une multitude de marcheurs du dimanche, un coin à l'abri des regards dans l'herbe s'offrait à moi, juste face au soleil. Je m'y installais et laissais alors les rayons caresser ma peau, mes idées voleter dans le ciel parmi les branchages au-dessus de ma tête, mon corps se détendre et ne penser plus à rien, se vider, se laisser s'imprégner par l'environnement. Le bruit de ma rivière au loin, les oiseaux, un peu de vent.. Des nuages vinrent voiler ce moment bienfaisant et un souffle me fit frissonner. Mes pensées me rattrapaient déjà, comment continuer, faire un quelconque projet, comment aider mes enfants, mieux, comment rester sereine, une douleur violente m'a traversé la tête ce matin, du côté droite, on dira que ce n'était que psychosomatique, bien sûr, il faut rester calme, faire le point, à chaque moment, attendre une opération délicate sans perdre confiance. De nouveau mes soucis me hantent, je vais rentrer car j'ai presque froid. Ce moment m'aura fait du bien, tout de même.
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2 commentaires:
Pinky tu es là ? Tu étais là ? Tu seras là ? Question d'internaute situé à des milliers de km.
Je viens de lire Promenade.Comme si tu l'avais peinte et que je pouvais la voir. Comme si j'y étais. Moi qui suis dans la neige au Québec, cela réchauffe mes artères.
Ton coup de coeur ne m'a pas réchauffé mais fait sentir ta douleur, ton inquiétude. Ton écriture est sensible et tu manies bien le stylo (si un chirurgien entre dans ta vie, espérons qu'il manie aussi bien le stylet!).
Et cela m'a fait penser à te joindre un texte inspiré de Gilbert Cesbron. Le héros est un jeune enfant retardé, sympathique.
Comme je n'ai pas à payer d'interurbain il arrive souvent que je prenne de l'espace blogeur. J'arrête donc là, essayant toujours de comptabiliser la capacité d'absorption de mon interlocutrice.
Pinky est un beau nom. Nicky est le nom de ma femme, beau nom aussi.
Bonne lecture et au hasard des rencontres dans le vaste futur.
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« Et l’arbre même, tout immobile qu’il fût, il l’envia parce que le vert, le soleil et la pluie l’aimaient, et qu’il prenait son temps pour fleurir et fructifier et se déshabiller, l’hiver venu. Le monde entier prenait son temps et se laissait vivre en silence, hormis les hommes. Yann se sentait perdu parmi eux; il appartenait à un autre monde, celui de l’arbre et de la vache et de l’oiseau. Dieu l’avait créé le mauvais jour… Gilbert Cesbron, « mais moi je vous aimais »
- Quel âge as-tu Yann, quatorze ans ? Tu es grand et fort pour ton âge.
- J’ai quatre ans, avec des jambes de 14 ans pour grimper dans mon arbre. Quel âge a ma tête, ce n’est pas écrit dans ma main. J’ai vu l’oiseau partir de l’arbre mais je n’ai pas pu le suivre, pourtant lui n’a même pas un an et il vole déjà. Quand volerai-je ? Je bats des mains et des bras, je suis pesant pour mon âge. Je veux me coucher de tout mon long sur ce beau nuage gris. Papa ! Laisse-moi appuyer ma tête sur ton épaule, serre-moi dans tes bras pour que je cesse de grelotter. Papa, papa… C’est seulement l’écho de la montagne qui me retourne mon papa. Merci montagne, mais mon papa n’a plus de tête, plus de bras pour me réchauffer. J’ai eu peur en le voyant foncer à toute allure avec la voiture contre le mur de briques. Il n’a plus de vie.
Je meurs de froid dans l’arbre, j’ai faim. Je meurs mais j’ai faim. Je sens l’odeur de brioches dans la cafétéria mais je reste dans ma maison-arbre. Ses branches m’enserrent sans me demander mon âge ni mon quotient intellectuel. C’est quoi ce mot-là ? L’oiseau a-t-il un quotient intellectuel ? Probable que non, et pourtant combien nombreux aimeraient voler comme lui !
Quel est le quotient de la vache ? Probable que peu.Pourtant, elle broute depuis des ans, le nez dans l’herbe, les yeux fixés sur la clôture. Jamais un seul médicament n’est entré dans sa bouche, elle est pourtant si sereine. Aucune ruade de sa vie. Toujours elle suit la queue de la vache d’en avant sans faire valoir ses droits. L’arbre pousse, par en haut par en bas, il s’arrosoire du dedans et aucune de ses feuilles ne déverdit, n’en a ni trop ni trop peu.
L’homme arrive avec sa tronçonneuse, coupe les bras de l’arbre qui saigne de toute sa sève. L’homme les empile dans son camion sans même entendre l’arbre pleurer.
J’ai 14 ans, ou 4, ou 400 pour réfléchir ainsi ? Je n’ai pas d’âge. Je déraison. J’ai l’âge de déraison.
- « Alors, comment le trouves-tu ? (scène à la pouponnière)
Il regarda dans son berceau ce petit vieillard écarlate, furieux, couvert de bave.
-Très laid, dit-il. » Gilbert Cesbron
Les visiteurs disent que le poupon ressemble à son père, a la bouche de sa mère. Rictus de nouveau-né qu’on dit si beau mais qui pourtant ressemble au jour de sa mort.
Oiseau, vache, arbre, je suis des vôtres, et je comprends qu’on ne me comprenne pas, parce que je n’ai de vous, hommes, que l’enveloppe, et que, comme le nuage, je n’ai pas d’âge. Même si je pousse et que mon cerveau ne pousse plus, s’il-vous-plaît, laissez les ailes pousser de ma tête et que je m’envole dans mon royaume où règne la paix, le sourire perpétuel, et que grand arbre je pousse jusqu’au ciel où le soleil ne s’éteint jamais.
Karl Chaboum
17 novembre 2006
Merci Karl pour ce magnifique texte. Oui on aimerait bien parfois rester dans sa maison-arbre protégé de l'autre monde.
Bizz Pinky
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